TUNIS — Une startup tunisienne de cybersécurité disputera en novembre à San Francisco la grande finale de la Startup World Cup, dotée d'un investissement d'un million de dollars, après avoir remporté la première finale nationale de la compétition, organisée lors du dixième Tunisia Digital Summit, selon Entreprises Magazine.
Pwn & Patch a pris la première place parmi plus de 160 candidatures et dix finalistes. Pixii Motors (mobilité durable) a terminé deuxième et WaterSec (gestion intelligente de l'eau) troisième. Les trois lauréates partiront en Californie rencontrer investisseurs et clients potentiels ; seule Pwn & Patch défendra les couleurs tunisiennes en finale mondiale, portée par le fonds de la Silicon Valley Pegasus Tech Ventures.
Une victoire qui reflète l'écosystème — et ses limites
Ces trois lauréates ne sortent pas de nulle part : Pwn & Patch est passée par l'accélérateur Orange Fab Tunisie en 2023 ; WaterSec et Pixii Motors furent lauréate et finaliste du prix POESAM en 2022. Des sponsors — Orange Tunisie, Tunisie Place de Marché, Rose Blanche Group — accompagnent chacune d'elles. La Tunisie se classe deuxième écosystème de startups d'Afrique du Nord, selon StartupBlink.
Voilà pour la moitié encourageante. L'autre moitié : le même classement place la Tunisie au 84e rang mondial, et le profil des lauréates — cybersécurité, mobilité, eau — illustre un schéma persistant : un vivier d'ingénieurs solide, un capital local trop mince. La plupart des startups tunisiennes grandissent encore en partant, et celles qui restent affrontent un vide de financement entre les subventions d'amorçage et les tours de croissance que les fonds locaux signent rarement.
Ce qui changerait la donne
Les outils existent sur le papier : les aides du Startup Act, dont le dispositif AIR2 pour étoffer les équipes d'ingénierie, couvrent les débuts. Ce que réclament les acteurs de l'écosystème, c'est l'échelon suivant — des fonds de capital-risque domestiques plus gros, des canaux d'investissement pour la diaspora, et une commande publique ouverte aux startups tunisiennes.
Trois startups plaideront ce dossier en novembre. Le capital qu'elles rapporteront comptera davantage que le trophée.