TUNIS — La Fédération tunisienne de volley-ball a annoncé dimanche soir que le comité exécutif de la Confédération africaine de volley-ball avait décidé de transférer en Tunisie le championnat d'Afrique des nations masculin senior 2026. La compétition, la plus importante du continent chez les hommes, doit se tenir en septembre, soit environ trois semaines après l'annonce.

Le tournoi avait été attribué à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, et devait se dérouler du 7 au 21 septembre avec seize sélections nationales, dont la Tunisie. Les préparatifs y étaient engagés depuis plusieurs mois.

Ni la CAVB ni la fédération tunisienne n'avaient publié, lundi matin, de calendrier révisé, de villes hôtes ou de salles retenues. Les répertoires internationaux de la discipline mentionnaient encore Kinshasa au moment de la rédaction de cet article.

Les raisons du transfert

Les médias tunisiens et régionaux relient ce déplacement à l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. Mosaïque FM indique que le transfert intervient dans un contexte de craintes liées à la propagation du virus. Le quotidien égyptien Youm7 rapportait dès le 11 août, cinq jours avant l'annonce de la fédération, que la Tunisie était proche de récupérer le tournoi pour ce motif.

La CAVB n'avait pas rendu publique d'explication officielle au moment de la rédaction. Tant qu'elle ne l'aura pas fait, la justification sanitaire repose sur des informations de presse et non sur un document de la confédération.

Un délai très court

Accueillir seize sélections suppose des salles aux normes internationales, des espaces d'entraînement, de l'hébergement, du transport, un dispositif d'arbitrage et de secours médical, et des moyens de diffusion. Les confédérations continentales accordent d'ordinaire un an ou plus à leurs organisateurs. La Tunisie dispose au mieux de trois semaines.

Toutes les décisions se posent donc en même temps : quelles salles, dans quelles villes, financées par qui. Les infrastructures tunisiennes de volley-ball sont concentrées à Tunis, dans le Sahel et à Sfax, et beaucoup sont partagées avec des clubs de football et de handball dont les saisons démarrent précisément en septembre. Le calendrier de la Ligue 1 est déjà sous tension, un club au moins — l'ES Métlaoui — ayant déclaré ne pas pouvoir entamer la saison faute de financement.

La fédération n'a pas non plus précisé qui paie. Un championnat continental déplacé entraîne des coûts qui avaient été budgétés, s'ils l'avaient été, par l'hôte initial.

Ce qui suit

L'épreuve immédiate est administrative plutôt que sportive. La CAVB devra publier un calendrier et une liste de salles suffisamment tôt pour que seize fédérations organisent visas, vols et stages de préparation. Les autorités tunisiennes, elles, devront dire quels organismes publics prennent en charge l'événement et sur quelle ligne budgétaire.

Si la logistique tient, le bénéfice existe. Le championnat compte dans le cycle de qualification olympique, et le disputer à domicile confère à la sélection tunisienne — qualifiée lors des éliminatoires de la zone 1 disputées à Meknès, au Maroc, du 26 juin au 3 juillet — un avantage qu'elle n'aurait pas eu autrement. Reste à savoir si cet avantage survivra à trois semaines d'improvisation.