SOUSSE — L'Étoile du Sahel a officialisé ce week-end deux nouvelles signatures, deux milieux défensifs venus de l'étranger : le Sénégalais Ousmane Yéri Diakhaté, 23 ans, engagé pour trois saisons jusqu'au 30 juin 2029 en provenance de l'Ajel Rufisque, et le Nigérian Ambrose Ochigbo, 20 ans, lié pour trois saisons également, arrivé d'Al Khor (Qatar) après un passage remarqué à l'ES Zarzis.
Diakhaté est la cinquième recrue du club cet été, après Azmi Ghouma, Achref Ben Dhiaf, Abdallah Amri et le Libérien Mohamed Sangaré, selon La Presse et WebManagerCenter.
Ces arrivées s'accompagnent toutefois d'une réserve. La Presse indique que les nouveaux joueurs attendent leur enregistrement, suspendu à la levée d'une interdiction de recrutement visant le club. En l'état, Sousse a donc constitué un effectif qu'il ne peut pas encore aligner intégralement.
Vendre et acheter en même temps
La stratégie affichée relève autant de la soustraction que de l'addition : réduire l'effectif, alléger la masse salariale, ne conserver que les éléments qui justifient leur place sur le terrain. Le trio algérien Ben Maâzouz, Ben Ahmed et Boutmène a quitté le club, et Maher Ben Sghaïer a écourté son aventure sahélienne. La Presse évoque une offre du Mouloudia d'Alger pour le défenseur kényan Alphonce Omija, et cite Smichi, Senghor et Abid parmi les joueurs transférables.
Wajdi Kechrida, latéral droit de 34 ans, a repris l'entraînement avec le groupe après une période de tensions avec la direction — une issue utile pour un staff qui aura besoin d'expérience autour d'un effectif rajeuni.
Le profil des recrues est l'élément le plus significatif. Avec Sangaré, Diawara, Senghor et Bah déjà présents, les deux signatures du week-end confirment une orientation délibérée vers le marché subsaharien. La logique est simple : des profils athlétiques comparables pour une fraction du coût d'un transfert interne à la Ligue 1, et, pour le club acheteur, une valeur de revente qu'un international tunisien de 30 ans n'offre plus.
Le risque du dispositif
La fragilité tient à l'ordre des opérations. Un effectif reconstruit autour de nouvelles recrues ne fonctionne que si ces recrues peuvent jouer, et l'enregistrement ne dépend plus du club dès lors qu'une interdiction est en vigueur.
Le calendrier n'offre aucun matelas. L'Étoile entame la saison 2026-2027 par un déplacement à l'Espérance de Tunis les 22 ou 23 août, l'affiche que le tirage de la fédération a placée en ouverture. La Presse rappelle en outre que trois joueurs — le défenseur Slim Khadhraoui et les attaquants Rayan Anen et Yassine Chaâbani — manqueront les premières journées, retenus avec la sélection olympique aux Jeux méditerranéens de Tarente.
L'entraîneur Bracconi aborde donc le premier test sérieux de la saison avec un groupe amputé et, potentiellement, plusieurs recrues encore indisponibles sur le papier.
Un schéma désormais général
L'approche sahélienne n'a rien d'atypique. C'est le calcul vers lequel convergent la plupart des clubs tunisiens de l'élite : des recettes intérieures plafonnées, des dettes lourdes, et des acheteurs du Golfe ou d'Afrique du Nord capables de surenchérir sur n'importe quel joueur confirmé. Un club qui ne peut pas retenir ses talents peut au moins cesser de payer ceux qui ne produisent pas — c'est le sens concret de « réduire l'effectif et alléger la masse salariale ».
Ce qui distingue une reconstruction d'un déclin, dans ce modèle, tient à la qualité de la cellule de recrutement. Six arrivées en un mercato constituent un pari sur le scouting. La saison qui s'ouvre le 22 août en fixera assez vite le prix.