TUNIS — L'Espérance sportive de Tunis a annoncé lundi la signature d'Imad Faraj, ailier offensif franco-marocain de 27 ans, en provenance du club azerbaïdjanais du FK Bakou, pour un contrat de trois saisons courant jusqu'en 2029. AfricaFoot évalue la valeur globale de l'opération à 1,2 million d'euros, primes et bonus compris ; le club n'a pas communiqué de montant.
Formé en France et international dans les catégories de jeunes des Bleus, Faraj a évolué à Lille, au Belenenses au Portugal, à l'Excelsior Mouscron en Belgique et à l'AEK Larnaca à Chypre. Pour sa première saison à Bakou, en 2025-2026, il a disputé 32 matches toutes compétitions confondues pour sept buts. Il était arrivé à Tunis le 13 août pour finaliser son engagement.
Le calendrier est serré. La saison 2026-2027 de Ligue 1 s'ouvre le week-end des 22 et 23 août, l'Espérance recevant l'Étoile du Sahel dès la première journée — l'une des deux affiches de l'ouverture avec Stade Tunisien-CS Sfaxien. Faraj dispose de quatre jours pour s'intégrer avant un match au poids de derby.
La reconstruction la plus chère du mercato
Faraj est le troisième renfort offensif ou de milieu de terrain d'importance bouclé par l'Espérance dans un mercato d'une intensité et d'un désordre rares à l'échelle tunisienne. Le club a engagé le milieu péruvien Jesús Castillo jusqu'en 2029, conclu la poursuite longue et onéreuse de Lucas Ribeiro, et vu le Tribunal arbitral du sport lever la suspension de Youcef Belaïli — décision à laquelle l'Espérance a réagi en activant son contrat, tandis que le Mouloudia d'Alger soutenait l'avoir également signé.
Rapportée à cet ensemble, la logique sportive du dossier Faraj est lisible. Le rendement offensif de l'Espérance a baissé la saison passée et l'effectif manquait de percussion sur les côtés. Sept buts en 32 matches constituent un bilan honorable pour un joueur de couloir, même s'il a été réalisé dans le championnat azerbaïdjanais, dont le niveau défensif est inférieur à celui de la phase de groupes de la Ligue des champions africaine que le club vise.
Ce qui mérite d'être discuté
L'Espérance dépense à un niveau qu'aucun autre club tunisien ne peut approcher, dans une saison où la FTF a dû repousser au 17 août l'échéance de licence pour permettre à des clubs endettés — dont l'Étoile du Sahel — de satisfaire aux critères financiers et de conserver leur place. Un championnat où un club mène un mercato à plusieurs millions d'euros pendant que d'autres négocient leur survie avec la fédération n'est pas un championnat compétitif au sens strict : c'est un tenant du titre et des figurants.
Ce déséquilibre n'est pas imputable à l'Espérance, et le club est en droit de dépenser ce qu'il lève. Mais il fait de la compétition domestique une mauvaise préparation au niveau continental, qui est précisément la justification affichée de ces dépenses. Un championnat plié en mars n'aiguise pas un effectif pour un quart de finale de Ligue des champions en avril.
Les pistes évoquées
Dirigeants de clubs et administrateurs du football tunisien reviennent périodiquement sur deux mécanismes appliqués ailleurs. Le premier est la centralisation des droits télévisés et des recettes de sponsoring, redistribués selon une formule pondérée par l'équilibre compétitif plutôt que négociés club par club — le modèle qui structure la plupart des championnats européens, et vers lequel les réformes de licence de la FTF font signe sans le mettre en œuvre. Le second relève de l'application plutôt que du report : des échéances qui glissent chaque mois d'août, comme celle-ci, signalent que les critères financiers sont négociables, ce qui décourage toute restructuration.
Aucune de ces pistes ne sera sur la table avant samedi. L'Espérance ouvre à domicile face à l'Étoile du Sahel, avec une ligne offensive refondue et un effectif qui a coûté plus cher que la plupart du championnat réuni.