TUNIS — L'Espérance Sportive de Tunis a engagé l'international péruvien Jesús Castillo pour un contrat de trois ans courant jusqu'en 2029, finalisant un transfert en provenance de l'Universitario de Deportes annoncé depuis plusieurs semaines.
Jesús Castillo, 25 ans, est un milieu défensif. Il a passé sa visite médicale et le club a officialisé la signature au début du mois d'août, les termes du contrat ayant été rapportés cette semaine. Il arrive neuf jours avant le coup d'envoi de la Ligue 1 : l'Espérance affronte l'Étoile Sportive du Sahel lors de la première journée, à Radès, le dimanche 23 août.
Ce que le club achète
L'Espérance a perdu le championnat la saison dernière face au Club Africain et aborde 2026-2027 en reconstruisant une colonne vertébrale plutôt qu'en ajoutant de l'ornement. Le poste de milieu récupérateur est le moins spectaculaire et le plus déterminant de cette liste : c'est lui qui décide si une équipe de possession contrôle l'entrejeu dans le derby de Tunis et, surtout, en phase de groupes de la Ligue des champions de la CAF, où se fixent les ambitions du club et où les duels au milieu tranchent généralement les rencontres.
Engager un international de 25 ans sur trois ans dit aussi quelque chose du modèle. Il ne s'agit pas d'un prêt de court terme destiné à colmater une brèche, mais d'un joueur au début de sa maturité, engagé pour la durée d'un projet. L'Espérance a historiquement pu le faire là où la plupart des clubs tunisiens ne le peuvent pas, parce que la participation continentale lui procure une ligne de revenus — primes de la CAF, sponsoring, revente — que le championnat national n'offre pas.
Le contexte dans lequel évoluent les autres clubs
C'est l'asymétrie honnête du football tunisien ce mois-ci. Pendant que l'Espérance bouclait un recrutement sud-américain, d'autres clubs de Ligue 1 passaient l'été à négocier avec la Ligue leurs licences de participation et leurs arriérés, et l'Étoile du Sahel a eu besoin d'une prolongation du délai d'octroi. L'écart entre les clubs capables de recruter à l'international et ceux qui tentent de satisfaire des critères financiers se creuse, et un championnat comptant un ou deux membres solvables n'est pas un produit compétitif.
Il existe un second risque propre à ce type de transfert. Les joueurs sud-américains rejoignant directement l'Afrique du Nord affichent un bilan d'adaptation contrasté : climat, langue, rythme de jeu et calendrier interrompu par les échéances africaines jouent contre un démarrage rapide. La durée de trois ans suggère que le club l'a intégré.
Ce que l'on demande à la Ligue
Les propositions sur la table ne sont pas nouvelles et n'émanent pas des clubs qui peuvent déjà s'offrir des joueurs. Les organisations de joueurs et d'entraîneurs, comme le cadre de licences de la Ligue elle-même, vont dans le même sens : appliquer les critères financiers de manière constante plutôt que par prolongations successives des délais, afin que les clubs budgétisent sur des recettes réelles ; et négocier collectivement les droits de retransmission, avec une clé de répartition qui ne se contente pas de reproduire la hiérarchie existante.
Plusieurs championnats africains — la Botola marocaine et la PSL sud-africaine sont les exemples les plus souvent cités par les dirigeants tunisiens — ont avancé davantage sur la centralisation des revenus audiovisuels. Que la Ligue 1 suive ou non déterminera si des signatures comme celle de Jesús Castillo restent l'histoire d'un club ou deviennent celle d'un championnat.