TUNIS — L'Espérance de Tunis a finalisé le transfert de l'attaquant brésilien Lucas Ribeiro Costa depuis Al-Ittihad Tripoli, mettant un terme à une négociation qui avait semblé échouer à deux reprises depuis l'annonce d'un premier accord en juillet.

Le dossier s'est clos en Libye. Le vice-président de l'Espérance, Chokri El Ouaer, s'y est rendu jeudi soir et a rencontré une délégation d'Al-Ittihad conduite par son directeur exécutif, Abdelmajid Saleh ; l'ensemble des arrangements y ont été réglés, selon un communiqué du club sang et or. Le joueur, 27 ans, passé notamment par Mamelodi Sundowns en Afrique du Sud, signe un contrat de trois saisons courant jusqu'en juin 2029.

Selon La Presse, le club libyen a cédé en contrepartie d'une somme importante et de deux joueurs, Diarra et Ben Slimène. Le quotidien indique que l'Espérance a couvert l'opération grâce aux cessions de Tougai et Diakité, et évalue le coût total du mercato à un montant pouvant atteindre cinq millions de dollars.

Un mercato qui se mesure d'abord en départs

Le dossier Ribeiro est la dernière pièce d'une reconstruction, non une simple signature. Plus de douze cadres ont quitté Bab Souika cet été, auxquels s'ajoutent des joueurs de complément, et une dizaine sont arrivés : Hadj Mahmoud, Ribeiro, Castillo, Sahraoui, Essid, Chikhaoui, Bettaieb, Faraj et Becha, le club cherchant encore un défenseur pour le côté gauche.

Cette rotation est la réponse du club à une campagne de Ligue des champions qu'il considère inachevée, et elle produit sur le papier l'effectif le plus onéreux du championnat tunisien. L'analyse de La Presse est que l'opération démontre la puissance financière persistante de l'Espérance et sa capacité à déstabiliser ses concurrents sur le marché — tout en rappelant que rien de tout cela ne garantit quoi que ce soit sur le terrain.

Le dossier qui n'est pas refermé

L'autre recrue vedette du club reste en suspens. L'Espérance avait communiqué sur la qualification de Youcef Belaïli après une décision du Tribunal arbitral du sport, mais Kamel Laaroussi, président de la commission juridique du club, a ensuite précisé que ce communiqué manquait de précision.

Selon lui, le TAS n'a pas statué sur le fond. Il a suspendu l'exécution de la suspension d'un an, ce qui permet à l'international algérien de signer et d'être qualifié, mais la sentence définitive reste attendue. Par ailleurs, le MC Alger affirme détenir un contrat écrit avec le même joueur et entend défendre ses droits — avec le risque que Belaïli ait signé pour deux clubs et s'expose à des sanctions.

Le point structurel

Les deux dossiers se lisent utilement ensemble. La surface financière de l'Espérance lui a permis de forcer un transfert bloqué à répétition ; elle ne l'a pas protégée d'un litige de qualification qui s'oriente désormais vers un bras de fer arbitral entre deux clubs nord-africains.

L'élément récurrent, dans les deux cas, est documentaire. Ribeiro comme Belaïli sont arrivés porteurs d'un contentieux non soldé avec un ancien employeur, et dans les deux cas le club tunisien s'est engagé avant que la situation juridique ne soit purgée. Le remède n'a rien d'exotique : c'est la pratique courante de la plupart des clubs européens, qui consiste à conditionner le paiement à la qualification effective — et non à la seule signature — et à obtenir un quitus écrit du club précédent avant toute annonce. L'Espérance y est finalement parvenue avec Ribeiro. Elle n'y est pas encore avec Belaïli, et l'issue ne dépendra pas d'elle.

La Ligue 1 s'ouvre sur un Espérance – Étoile du Sahel. Savoir si l'effectif le plus cher du pays sera aussi le meilleur est, comme l'écrit La Presse, une question à laquelle le terrain répondra.