TUNIS — L'Espérance de Tunis a annoncé jeudi tard dans la nuit la levée de la sanction infligée à Youcef Belaïli et l'activation du contrat que l'international algérien avait déjà signé avec le club, le rendant à nouveau éligible. Vendredi soir, le MC Alger publiait à son tour un communiqué affirmant que Belaïli avait également signé un contrat avec le club algérois, et qu'il défendrait ses droits « par tous les moyens légaux disponibles ».

La suspension émanait de la FIFA, qui avait infligé douze mois au joueur en mars dernier dans le cadre d'un litige l'opposant à son ancien club de l'AC Ajaccio. Selon Afrik-Foot, l'affaire portait sur une falsification de documents et la sanction devait courir jusqu'en mars 2027. Saisi par le joueur, le Tribunal arbitral du sport lui a donné raison et a levé la suspension.

Deux clubs, une signature

La décision a débloqué une situation que les deux clubs avaient anticipée chacun de son côté. L'Espérance avait annoncé en juin un accord de principe pour prolonger Belaïli, entièrement conditionné au verdict du TAS. La prolongation paraissant compromise, le club avait laissé entendre que l'aventure tunisienne du joueur était terminée, et le MC Alger — champion d'Algérie en titre — avait alors annoncé son propre accord.

Le communiqué algérois de vendredi va plus loin que ces annonces. Il précise que ses déclarations antérieures ne reposaient ni sur de simples discussions ni sur des engagements verbaux, mais sur un contrat signé par le joueur, que le club détient « un document officiel », et qu'il agira « en cas de confirmation de l'existence d'engagements contractuels contradictoires ». Le MCA appelle par ailleurs ses supporters au calme.

Aucun des deux clubs n'a publié le contrat qu'il dit détenir, ni indiqué sa date de signature — le fait qui trancherait le litige. La réglementation de la FIFA prévoit, en cas de contrats superposés, des sanctions allant de l'indemnisation à l'interdiction d'enregistrement, et un tel dossier est normalement examiné par le Tribunal du football de la FIFA avant tout recours devant le TAS.

Ce que cela change pour la saison de l'Espérance

À 34 ans, Belaïli est le numéro 10 du club et, lorsqu'il est disponible, son joueur offensif le plus décisif : quatorze matches, quatre buts et sept passes décisives la saison dernière, avant une rupture des ligaments croisés contractée lors du derby de la capitale face au Club Africain en novembre 2025, puis le dossier disciplinaire.

L'Espérance entame la Ligue 1 2026-2027 en recevant l'Étoile du Sahel le samedi 23 août à Radès. Reste à savoir si Belaïli sera qualifié à temps, et si une réclamation venue d'Algérie peut geler cet enregistrement.

Le point structurel

L'épisode n'est pas qu'un feuilleton de mercato. Il montre à quel point le fonctionnement des clubs nord-africains se règle après coup devant les instances arbitrales, plutôt qu'en amont par la discipline contractuelle. L'Espérance a bâti son été sur une décision qu'elle ne pouvait pas prévoir ; le MC Alger a bâti le sien sur un accord dont il doit désormais démontrer la valeur juridique ; le joueur a passé cinq mois en suspens pour une affaire née en France.

Clubs et fédérations de la région sont depuis longtemps invités à faire transiter enregistrements et contrats par les systèmes d'appariement des transferts que la FIFA exploite déjà — une mesure de transparence qui rendrait visibles les signatures superposées avant qu'elles ne deviennent des litiges. Rien, dans ce dossier, n'exigeait un tribunal pour être découvert. Il suffisait de consulter un registre.