TUNIS — Le gouvernement a affecté une enveloppe supplémentaire de 67 millions de dinars au programme d'aides sociales pour l'année scolaire, universitaire et de formation professionnelle 2026-2027, selon le communiqué publié à l'issue d'un conseil ministériel restreint tenu vendredi à la Kasbah sous la présidence de la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri.

L'enveloppe doit financer des aides financières et en nature aux familles pauvres et à revenus modestes, ainsi que la gratuité du transport pour les élèves concernés. Autour de cette mesure, le conseil a égrené une longue série de consignes aux ministères : réduire la surcharge des classes, accélérer les travaux de construction et de maintenance des établissements, garantir la disponibilité du livre scolaire et du cahier subventionné à prix inchangés, renforcer le transport scolaire et universitaire, et assurer un approvisionnement régulier en eau potable dans les établissements.

Ce qui est nouveau, et ce qui ne l'est pas

Les 67 millions de dinars constituent le seul chiffre de l'annonce. Tout le reste est formulé en objectifs, sans ligne budgétaire, sans échéance et sans responsable désigné — ce qui rend ces engagements difficiles à suivre, et plus tard difficiles à imputer à quiconque.

Plusieurs points de la liste reviennent d'ailleurs d'année en année. La promesse de garantir l'eau potable dans les écoles intervient dans un été marqué par les coupures tournantes et la pénurie d'eau minérale ; celle de contrôler les circuits de distribution du livre scolaire et de lutter contre « la spéculation et le monopole » reprend le vocabulaire employé ce mois-ci à propos de l'eau embouteillée, lorsque les contrôleurs ont découvert des dizaines de milliers de litres retenus dans des entrepôts de Sousse. Le problème visé est réel. Les instruments annoncés pour le régler sont ceux-là mêmes qui ne l'ont pas empêché.

Le conseil s'est également engagé à élargir le système d'information « Vie scolaire » et l'inscription à distance, à renforcer la santé scolaire — examens, vaccination, accompagnement psychologique —, à soutenir l'éducation inclusive pour les élèves en situation de handicap ou en difficulté d'apprentissage, et à prévenir la violence en milieu scolaire.

La formation professionnelle, à nouveau présentée comme la réponse

Le gouvernement a présenté la formation professionnelle comme une passerelle vers l'emploi, en promettant un meilleur ajustement des spécialités aux besoins de l'économie et davantage de stages pratiques. Ce cadrage est constant depuis vingt ans ; ce qui manque, c'est une mesure publique du devenir professionnel des diplômés de ces spécialités. Le chômage des diplômés demeure l'une des pressions sociales les plus durables du pays.

Ce qui rendrait tout cela vérifiable

La liste du conseil suggère elle-même le test. En Tunisie, ce type de programme d'aide est moins critiqué pour son montant que pour son ciblage : les 67 millions de dinars seront jugés sur leur arrivée aux ménages inscrits au registre social avant la première semaine de classe plutôt qu'après, et sur la publication du nombre de bénéficiaires. Pour le livre scolaire, l'engagement vérifiable, c'est un stock disponible dans chaque gouvernorat avant la reprise, pas une promesse de combattre la spéculation une fois la pénurie installée. Pour les classes surchargées, l'indicateur mesurable, c'est le nombre d'élèves par classe et par gouvernorat, une statistique que le ministère de l'Éducation collecte déjà.

La rentrée a lieu le mois prochain. Aucun de ces chiffres n'a encore été publié.