TUNIS — Le taux d'inflation annuel de la Tunisie est retombé à 5,3 % en juin, contre 5,5 % en mai, son niveau le plus bas depuis trois mois, selon les données de l'Institut national de la statistique (INS).

Ce ralentissement s'explique principalement par les prix de l'alimentation et des boissons, en hausse de 7,1 % sur un an contre 8,2 % en mai — un rythme toujours bien supérieur à l'inflation globale, et un fardeau quotidien pour des ménages dont le pouvoir d'achat s'est érodé au fil des années.

Une accalmie, pas une sortie de crise

Ces chiffres interviennent alors que les négociations avec le Fonds monétaire international restent au point mort. Le président Kaïs Saïed refuse les réductions de subventions et les réformes structurelles exigées par le Fonds, et l'État parie sur l'autofinancement : environ 2 milliards d'euros à lever sur les marchés en 2026, en s'appuyant sur la banque centrale, selon la presse économique.

Une échéance obligataire de 750 millions d'euros est arrivée à terme en juillet, réglée sur les réserves de change — un remboursement scruté par les investisseurs comme un test de cette stratégie d'autonomie.

Perspectives

La Banque africaine de développement table sur une croissance d'environ 2,1 % en 2026, puis 2,8 % en 2027, portée par le tourisme et la reprise des exportations industrielles. La banque centrale devrait maintenir une politique prudente pour protéger le dinar et consolider la décrue de l'inflation.

Pour les familles tunisiennes, la question reste entière : une décélération statistique ne signifie pas des prix en baisse — avec un alimentaire à plus de 7 %, les prix continuent de grimper, simplement moins vite.