TUNIS — Le déficit commercial de la Tunisie s'est creusé à 12,6 milliards de dinars (environ 4,2 milliards de dollars) au premier semestre 2026, contre 9,9 milliards un an plus tôt : les importations ont bondi de 13,3 %, plus vite que des exportations pourtant en hausse de 9 %, selon les chiffres rapportés par Arab News.

Le tableau est à double face. Les exportations progressent réellement — industrie et agroalimentaire en tête — mais la facture des importations, tirée par l'énergie, les matières premières et les biens de consommation, court plus vite encore.

Ce qui tient les comptes extérieurs

Deux flux amortissent le choc. Les recettes touristiques atteignaient environ 3,68 milliards de dinars au 10 juillet, en hausse de 4,5 % sur un an, et les transferts des Tunisiens de l'étranger ont progressé de 5,1 % à près de 4,75 milliards de dinars, selon Tunisie Numérique. Ensemble, près de 8,5 milliards de dinars — de quoi couvrir près des deux tiers du déficit commercial.

Ce coussin a permis de rembourser en juillet une échéance obligataire d'environ 700 millions d'euros tout en maintenant les réserves de change à quelque 23 milliards de dinars, soit 91 jours d'importation.

Le problème structurel

S'appuyer sur les plages et la diaspora n'est pas une politique, et ces deux béquilles sont fragiles — le tourisme face à une mauvaise saison ou un choc régional, les transferts face à la conjoncture européenne. Les économistes pointent les mêmes faiblesses de fond : un déficit énergétique qui transforme chaque baril importé en hémorragie, et des exportations dominées par des produits à faible valeur ajoutée.

Les solutions documentées

Les remèdes sont connus. La Banque africaine de développement et d'autres institutions plaident pour accélérer le solaire et l'éolien afin de réduire la facture énergétique — premier poste du déficit — et pour monter en gamme, comme tente de le faire la filière huile d'olive en passant du vrac à la bouteille de marque. Le Maroc, avec l'automobile et l'aéronautique, est régulièrement cité dans le débat tunisien comme la preuve régionale que c'est possible.

D'ici là, chaque été, le pays continuera de demander à ses touristes et à sa diaspora d'équilibrer les comptes.