TUNIS — La fête du Mouled, commémoration de la naissance du Prophète, devrait être célébrée cette année le mardi 25 août, correspondant au 12 Rabia al-Awwal 1448, a annoncé la Cité des sciences à Tunis dans un communiqué publié cette semaine.

Le calcul est le suivant. La conjonction lunaire aura lieu le mercredi 12 août à 18 h 37, heure de Tunis. Le lendemain soir, jeudi 13 août, le soleil se couchera sur la Tunisie à 19 h 14 et la lune à 19 h 45 — un écart de 31 minutes, suffisant pour permettre l'observation du croissant au télescope. Sur cette base, le vendredi 14 août marquera le début du mois de Rabia al-Awwal 1448, ce qui place le douzième jour au 25 août.

La Cité des sciences a rappelé qu'elle publie des calculs et non une décision : le Cabinet du mufti, Diwan Al-Ifta, demeure l'instance habilitée à annoncer officiellement le début des mois hégiriens et les dates des fêtes religieuses.

Pourquoi un avis astronomique est un événement culturel

La plupart des années, l'annonce est reçue comme une information pratique, et elle l'est : elle indique aux familles quand poser un congé, quand Kairouan se remplira de visiteurs, et quand les commerces seront pris d'assaut. Kairouan accueille les plus grands rassemblements du Mouled dans le pays, et la date commande le déplacement de dizaines de milliers de personnes.

Mais l'avis marque aussi l'ouverture de la saison commerciale d'un seul ingrédient. L'assidat zgougou — la crème sombre préparée à partir des graines moulues du pin d'Alep — est le plat que les foyers tunisiens associent à la fête, et il se prépare dans presque toutes les maisons dans une fenêtre de quinze jours autour de la date. Peu de traditions culinaires, où que ce soit, sont aussi concentrées dans le temps ni aussi dépendantes d'un unique produit de cueillette.

La forêt derrière le plat

Le zgougou ne se cultive pas. Il se ramasse dans les pommes de pin d'Alep des forêts du Centre-Ouest, principalement dans la région de Kasserine, par des cueilleurs saisonniers travaillant dans des conditions difficiles pour une fraction du prix de détail. La chaîne qui suit — collecte, séchage, décorticage, gros, torréfaction — capte l'essentiel de la valeur après la forêt.

C'est pourquoi une seconde information de la semaine appartient au même récit. La Direction générale des forêts et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture ont annoncé un financement de 2,48 millions de dollars destiné à préserver les forêts de pins d'Alep de Kasserine, un massif soumis à la pression continue des incendies, de la sécheresse et du changement d'usage des sols.

Le lien est direct et rarement énoncé : le prix du kilo de zgougou sur un marché de Tunis au mois d'août est fonction de la manière dont s'est passé l'été des feux à Kasserine. Les ménages le vivent comme une inflation sur un dessert de fête. C'est plus exactement un problème de rendement forestier transmis par cinq intermédiaires.

Ce qui est proposé

Forestiers et spécialistes du développement rural plaident depuis des années pour que la filière restitue davantage aux cueilleurs, au motif que ceux qui vivent d'une forêt ont intérêt à ce qu'elle reste debout. Les outils évoqués sont ceux d'autres produits forestiers non ligneux : des coopératives de cueilleurs dotées d'équipements de séchage et de décorticage, afin que la première transformation se fasse dans la région plutôt que dans des entrepôts du littoral ; une indication géographique protégeant le zgougou de Kasserine, sur le modèle de ce qui existe pour l'huile d'olive et les dattes de Tunisie ; et des calendriers de récolte laissant assez de cônes pour la régénération naturelle.

Le financement annoncé cette semaine vise la forêt elle-même, non le commerce qu'elle alimente. Qu'il soit suivi ou non d'un travail sur la filière décidera si la tradition disposera encore, dans vingt ans, d'une ressource nationale derrière elle — ou si la Tunisie finira par importer l'ingrédient principal de son dessert le plus tunisien. En attendant, la date est posée, sous réserve, comme toujours, de Diwan Al-Ifta.