HAMMAMET — La 60e édition du Festival international de Hammamet s'est achevée jeudi soir par un concert de Sofia Sadok au théâtre de plein air, le 13 août, jour de la Fête nationale de la Femme. L'édition, ouverte le 11 juillet, aura compté trente-deux spectacles, la plupart joués à guichets fermés.
Sofia Sadok n'a pas limité la soirée à son propre catalogue. Elle a chanté « La Ma Narjaechi », « Mel Ghorba Mallina » et « Ya Lil » devant un public qui remplissait les gradins et reprenait en chœur, avant de traverser un medley de Saliha puis un autre d'Oum Kalthoum, et de revenir à son répertoire avec « Ya Lalen », « 3amel Fi Li Nheb », « Dadal » et « Rani Hourt Maak ».
La programmation était délibérée. Les organisateurs avaient annoncé début juillet que l'ouverture comme la clôture de cette édition anniversaire seraient confiées à des femmes : l'ouverture à la pièce primée de Wafa Taboubi, Les fugueuses, la clôture à Sofia Sadok. La dernière soirée tombait donc sur l'anniversaire du Code du statut personnel de 1956, soixante-dix ans plus tard.
Une édition anniversaire qui a rempli sa salle
L'édition a été conçue comme un panorama plus que comme une rétrospective. Trente-deux spectacles ont réuni des artistes de douze pays — Tunisie, Liban, Palestine, États-Unis, Mali, Espagne, Portugal, Cuba, Turquie, Maroc, Algérie et Italie — en musique, théâtre et danse, avec le retour de Dhafer Youssef et son album Shiraz, et, en juillet, Faraj Suleiman et Marcel Khalife. Une exposition documentaire et numérique, « Une mémoire vivante », avait ouvert à Dar Sebastian le 31 juillet, jour anniversaire de l'inauguration du théâtre de plein air par Bourguiba en 1964.
Que la plupart des spectacles se soient joués à guichets fermés est le chiffre à retenir. On décrit régulièrement les festivals d'été tunisiens comme étant en crise — budgets contraints, programmation tardive, concurrence des concerts privés. La soixantième de Hammamet suggère que le public n'est pas le problème.
Ce que cette soixantième n'a pas réglé
Le festival ne publie toujours ni total de fréquentation, ni recettes de billetterie, ni ventilation entre subvention publique, billetterie et sponsoring. Faute de ces données, « la plupart des spectacles à guichets fermés » reste une affirmation et non une mesure, et l'institution ne peut pas démontrer sa valeur à un ministère des Finances.
Des festivals méditerranéens d'âge comparable — Avignon, Spolète, Athènes-Épidaure — publient chaque année fréquentation et comptes, ce qui leur permet de négocier des financements pluriannuels plutôt que de repartir de zéro à chaque saison. Les archives du festival de Hammamet, désormais numérisées dans l'exposition anniversaire, constituent l'amorce de cette mémoire institutionnelle. Transformer soixante ans de programmation en soixante ans de données publiées serait la seconde moitié, plus ardue et plus utile, de l'exercice.
Le Festival international de Carthage, lui aussi dans sa 60e édition, se clôturera le 19 août avec Majda El Roumi.